lundi 8 octobre 2012

Enrique URIBE Samedi 13/10 à 16h, place Kléber à Strasbourg, exercice d’art et de démocratie directe avec l’association les Mots-Arts.


Pour l’universitaire Enrique Uribe, qui modérera l’une des rencontres du Forum, Strasbourg a « quelque chose à vendre au monde » sur l’idée de démocratie., Enrique Uribes’est posé à Strasbourg, il y a 25 ans, pour faire de la théologie : la ville passe en Amérique latine pour porte d’entrée vers la pensée germanique, qui a marqué la discipline. Mais c’est dans le monde universitaire que cet enseignant a trouvé à la fois sa voie et un poste d’observation bâti sur son parcours en sociologie et en littérature.Professeur à l’Institut d’études politiques de l’Université de Strasbourg, chargé de cours depuis 18 ans à l’École nationale d’administration, Enrique Uribe se réjouit de ce Forum devant un public très ouvert, sur un thème cher : la démocratie en tant que système.

«Penser l’impensable, sans police de la pensée»

Le lieu, dit-il, permet d’en parler à son aise : « Ce Forum mondial à Strasbourg est très légitime. L’Europe particulière, en matière de démocratie. C’est l’un des modèles les plus aboutis, parce que riche d’une addition de trouvailles qui, de l’Islande à l’Allemagne, en passant par le pays basque, a permis de construire un citoyen pensant, critique, de constituer la démocratie en tant que défense de l’État de droit et des libertés individuelles ».Complexe de supériorité ? « Il ne s’agit pas de dire qu’on est les meilleurs, mais d’en discuter avec l’Afrique, avec l’Asie, etc. Le lieu de Strasbourg n’est pas anodin, ni fortuit. Pensez à ces villes millénaires le long du Rhin qui ont su, par touches successives, conquérir de petites parcelles de liberté face au pouvoir de l’empereur. La ville a quelque chose à offrir au monde dans le registre d’un homme égale une voix. J’y vois une mission presque, une obligation en tout cas dans ces moments de crise où les gens se sentent sans abri idéologique, entre populisme de droite et recettes faciles de gauche ».Dans le débat qu’il est chargé de modérer, Enrique Uribe souhaite « complexifier un peu les critiques faciles et populistes sur les élites ». Non pas jeter une fois de plus l’anathème. Plutôt « garder une optique d’échange de bonnes pratiques, travailler sur le positif, ne pas tirer sur l’ambulance. Il s’agirait dans l’idéal de trouver des issues à cette crise de l’intelligence qu’évoque Michel Crozier. Ce débat doit être planétaire et retenir ce qu’il y a de mieux dans chaque pays. Il n’est pas question d’en rester à un niveau franco-français. La société française est déjà hyperdiagnostiquée, les problèmes sont connus. »Latino-américain d’origine, Enrique Uribe garde à l’esprit le peuple traditionnel guarani, « où le dogme n’est jamais figé; capable d’adhérer au christianisme, sans perdre ses valeurs, en attendant la suite. Appelons ça, peut-être la pluralité ».Convaincu que « ce n’est pas l’Occident qui a inventé la contradiction », l’universitaire, passé par la Sorbonne, participera lui-même à une agora donnant la parole au public, en plein centre de Strasbourg. Pas en guise de contre-feu, loin de là. Pour se rappeler « la dette que nous avons gardée à l’égard de la Grèce, qui a su très tôt installer le débat dans une perspective démocratique ».Et aussi, face aux prosélytismes en tous genres que peut affronter un promeneur en centre-ville, plaider pour l’idée qu’il faut « exercer un prosélytisme autrement, dans lequel l’autre, qui est différent, doit pouvoir s’exprimer. Il faut également que nous témoignions de la démocratie. Certes, on ne peut pas militer de la même façon que les sectes. En revanche, rendre un acte d’amour à la démocratie, oui. C’est un système qui permet de penser l’impensable, sans police de la pensée ».
Vient de paraître: Trois comprimés par jours, Jérôme Do Bentzinger Editeur

Samedi prochain à 16h, place Kléber à Strasbourg, exercice d’art et de démocratie directe avec l’association les Mots-Arts.

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